Satan est Dieu
La Haute Église satanique adore Satan en tant que Dieu. Nous l’entendons au sens littéral. Satan est une intelligence acausale réelle, dotée de son existence, de sa volonté et de sa présence propres.
Il n’est limité ni à un corps ni à un lieu fixe dans le monde physique. Dans notre théologie, Satan appartient à l’acausal, et toute la métaphysique de l’Église part de là.
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Réalité causale et acausale
La réalité causale est le monde que vous connaissez déjà : les corps, les horloges, le temps qu’il fait, le travail, l’argent, la maladie, la distance, la matière et les conséquences. Les événements s’y succèdent. Des choses arrivent, et ce qui arrive laisse une trace.
Acausal est le mot que nous employons pour un autre ordre d’existence. C’est à travers lui que nous comprenons Satan, les Dieux sombres et les autres Entités spirituelles. Ces deux mots sont utiles : ils permettent de parler de la vie ordinaire et de la réalité spirituelle sans prétendre qu’elles sont identiques.
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L'être humain comme nexion
Un nexion est le lieu où se rencontrent les réalités causale et acausale. Le premier nexion avec lequel une personne engagée dans cette pratique doit travailler est un être humain vivant : un corps, une histoire, des habitudes, des devoirs, des limites et la capacité de se tourner délibérément vers l’acausal.
Voilà pourquoi le travail ne s’arrête jamais à l’autel. La prière, la méditation, le rituel, le rêve, le symbole, le lieu et l’attention comptent par ce qu’ils deviennent lorsque vous les ramenez dans la vie ordinaire.
Les Dieux sombres
Les Dieux sombres sont des intelligences acausales nommées dans les textes plus approfondis de l’Église. Atazoth, Shugara, Noctulius, Nythra, Kthunae, Davcina, Baphomet et d’autres noms figurent dans le canon.
Nous les abordons comme des êtres. Un nouveau membre rencontrera leurs noms dans ses lectures bien avant de devoir en faire le centre de sa pratique. Il y a beaucoup à apprendre avant cette étape, et ce temps n’est jamais perdu.
Wyrd et le devenir
Le Wyrd est la forme que prend une vie à travers la nature, les circonstances, les choix, les habitudes et leurs conséquences. Ce n’est ni un scénario écrit à l’avance ni une liberté sans limites. C’est le motif qui apparaît lorsqu’on regarde une vie dans la durée.
La Physis est la nature profonde d’une chose. L’Aletheia est la vérité qui sort de sa dissimulation. La Gnose est la connaissance acquise par la participation et l’expérience directe. Ces mots reviennent parce que certaines choses se comprennent autrement après avoir été vécues.
Pathei-mathos
Le Pathei-mathos est l’apprentissage par ce que l’on a traversé. La vie en fournit suffisamment d’occasions : le deuil, l’échec, la gêne, la responsabilité, l’amour, la perte, la maladie, l’endurance et la découverte que l’on s’est trompé sur quelque chose d’important.
L’événement lui-même n’est que le début. Le pathei-mathos est le changement de jugement qui demeure une fois que l’événement a cessé d’être une histoire que vous répétez sans cesse à votre sujet.
Pas de conscience empruntée
Un rang ne vous donne pas une conscience. Un prêtre, un livre ou une expérience religieuse intense non plus. Vos choix restent les vôtres, tout comme leurs conséquences.
L’honneur commence par le fait de répondre de ses actes. L’Église attend de ses membres qu’ils deviennent plus difficiles à tromper, surtout par eux-mêmes. Les titres et les gestes spectaculaires sont bien plus faciles.
Foi et honnêteté du jugement
Nous affirmons que Satan est réel. Cette conviction ne transforme pas chaque impression en révélation. Un rêve, une coïncidence inattendue ou une sensation intense pendant la prière demandent encore à être décrits avec soin. Croire à une réalité acausale permet aussi de reconnaître honnêtement qu’une expérience particulière reste incomprise.
L’étude donne à cette honnêteté un langage ; la pratique lui donne une histoire. Des notes datées permettent de revenir sur une expérience une fois le premier enthousiasme passé et de se demander si l’explication initiale tient toujours. Prendre la religion au sérieux, c’est aussi accepter de revoir cette explication.
Une religion partagée, une responsabilité personnelle
La congrégation apporte à la pratique solitaire un vocabulaire commun, des livres, des échanges et une continuité. Ses rangs définissent des responsabilités et des droits d’accès au sein de l’Église. Ils ne rendent personne métaphysiquement supérieur à autrui et ne dégagent personne de la responsabilité de sa conduite.
La dévotion doit pouvoir répondre de ses effets dans la vie qui l’entoure : une promesse tenue, une obligation remplie, une erreur reconnue. Une pratique dont on peut assumer les conséquences est plus utile qu’un récit convaincant de progrès spirituel.